AU MOINS ON SÈME
02/2009 - 01/2014

© camille



Après 5 ans d'existence, au moins on sème tourne la page.
Les poèmes d'hier et ceux de demain sont ici.

Nach 5 Jahren ist nun Schluss mit au moins on sème.
Die Fortsetzung, oder so etwas, hier.


MERCI.



Monday, November 1, 2010

retour au port

Vite vite avant de m'endormir je vous écris quelques lignes, sinon aucune trace ne restera de ce weekend - et je ne veux pas de ça, il était bien trop bien pour ne pas en partager un bout ici :)

Comme à chaque retour au Havre, je comprends pourquoi les impressionnistes venaient peindre ici... La palette de couleurs est si belle, la lumière incroyable, on pourrait passer des heures à s'imprégner de la beauté brute de ce que l'on a devant les yeux! Quand le ciel se confond avec la mer, quand l'horizon se dilate, on voit du gris, du bleu, du vert, aussi du blanc, du beige, du rose, du jaune, des couches de nuages, des rayons de soleil qui tombent comme un rideau illuminé sur la mer, une lumière qui se reflète sur les plages de sables encore humides et qui les fait ressembler à une peau de poisson, saumonée et miroitante, parsemée d'éclaboussures argentées. Les paquebots posés au loin, comme d'énormes jouets qu'un géant aurait placé à la queue leu leu, attendent leur tour. Des voiliers aussi se déplacent lentement, plus gracieux.
Il a fait si bon ces trois derniers jours, un peu de plus et j'hyperventilais tellement je voulais stocker dans mes poumons l'air marin.

Se retrouver face à la mer, c'est toujours se retrouver face à soi, on ne peut pas se mentir face à la mer, on est obligé d'être ce que l'on est. Forcément ça rend rend souvent un peu triste (parfois très très heureux, c'est plus rare), mais en même temps il y a comme un poids qui se lève, on se sent libéré de ses angoisses. Face à la mer, on est et puis c'est tout. Des poumons, une peau, un coeur.

En fait je me rends compte que j'ai passé tout mon weekend à la plage... Et surtout je n'ai pas arrêté de marcher, j'ai mal aux jambes! J'ai marché de haut en bas et de long en large, matinée comme après-midi. De haut en bas, parce que mes grands-parents habitent dans la ville haute, donc pour aller à la plage il faut descendre et donc pour rentrer à la maison, il faut remonter, ce n'est pas rien. Et de long en large, parce qu'il faut longer la côte jusqu'au bout du monde (en fait ce n'est que le dernier dernier bout de la promenade mais tout le monde ne parle que du bout du monde) et ensuite revenir. Heureusement que l'on aime marcher, sinon je ne sais pas comment ma soeur et moi aurions survécu au menu de Mamy...

Chaque visite de ses petites filles est pour Mamy l'occasion de prouver qu'elle est la meilleure des grands-mères, qu'elle est Super Mamy et que rien ne l'arrête et qu'elle fera plaisir coûte que coûte. Dans tout ça, elle ne rajeunit pas, ce qui rend encore plus touchant (et un peu désespérant pour toute personne qui tente de l'aider) son activisme.

Phrase type, juste après avoir servi une délicieuse tarte aux pommes: "Bon eh ben j'en referais pas une demain hein" (parce que bien sûr tout le monde attend de Super Mamy qu'elle produise en moyenne 1 tarte par jour sur toute la durée du séjour...). Ce qui ne l'empêche pas de faire un flan le lendemain matin. Flan auquel on aura l'occasion de toucher qu'encore un jour plus tard puisque comme c'est dimanche Mamy a dévalisé la boulangerie de petits fours.

Autre phrase type, juste après nous avoir offert à midi le meilleur poulet frites que l'on puisse imaginer et juste après avoir remis à sa place dehors sur le rebord de la fenêtre le camembert et le pont-l'êveque: "pour le train ce soir je vous prépare des sandwichs? " Mamy, nooooon! "bon (en prenant l'air vexé) ben tant pis, vous aurez quand même les tartelettes aux amandes que j'ai acheté tout à l'heure". C'est vraiment impossible de refuser, vous comprenez bien...

Sinon à part manger et marcher (en regardant la mer), j'ai dormi. Je retrouve la sensation de quand j'étais petite, l'air de la mer me fait un effet de dingue, la meilleure fatigue qui puisse être.

Comme je ne regrette pas d'avoir lâché Paris ce weekend - partez tant que vous pouvez, avant qu'elle ne vous attrape et ne vous lâche plus!!

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